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09 juin 2017

Baromètre santé : quand le tabac se fait marqueur social

L’édition 2016 de la grande étude de santé publique pointe du doigt une tendance fâcheuse : la consommation de tabac ne fléchit pas et se fait le reflet des différences sociales.

Réalisée auprès de plus de 15 000 personnes, l’enquête de Santé publique France (l’ex-INPES) livre des résultats qui constituent une véritable photographie de la santé des Français.

En ce qui concerne leurs habitudes de consommation de tabac, les données publiées dernièrement ne sont pas enthousiasmantes. Les statistiques globales confirment que les Français font toujours partie des plus gros consommateurs et indiquent surtout qu’aucune baisse significative ne semble se profiler.

Concrètement, en 2016, 34,5 % des 15-75 ans fumaient du tabac, en général quotidiennement (28,7 %). A titre de comparaison, la prévalence allemande, espagnole, belge ou hollandaise est d’environ 25 % et celle de l’Italie ou de la Grande-Bretagne approche des 20 %. Les chiffres descendent même jusqu’à 15 % aux États-Unis ou en Australie, dont les politiques de lutte anti-tabac sont très actives. Enfin, en France c’est la stagnation de la prévalence qui interpelle : aucune diminution depuis 2010 malgré les hausses de prix et l’augmentation des zones « sans-tabac » dans l’espace public, par exemple.

entre 2010 et 2016, le tabagisme quotidien a augmenté de 35,2 à 37,5 % chez les personnes aux revenus de la tranche la plus basse alors qu’il a diminué de 23,5 à 20,9 % chez ceux dont les revenus sont les plus hauts.

Mais c’est quand on regarde les détails qu’apparaissent les données les plus marquantes. Positives, d’abord, avec une réduction du tabagisme chez les femmes jeunes (15-24 ans), laissant espérer une inversion de la hausse continue du tabagisme féminin, qui coïncide depuis de nombreuses années avec la hausse des cancers du poumon chez les femmes. Inquiétantes, ensuite, avec un accroissement des écarts de consommation entre adultes de milieux socio-professionnels différents : entre 2010 et 2016, le tabagisme quotidien a augmenté de 35,2 à 37,5 % chez les personnes aux revenus de la tranche la plus basse alors qu’il a diminué de 23,5 à 20,9 % chez ceux dont les revenus sont les plus hauts. L’enquête montre par ailleurs que les tentatives d’arrêts sont généralement moins couronnées de succès dans la première catégorie que dans la seconde. Lorsque les catégories étaient construites sur la base des niveaux de diplôme, les tendances étaient les mêmes, indiquant clairement un déterminisme social du comportement tabagique.

L’enquête étant réalisée au cours du premier semestre 2016, elle permet de faire un état des lieux très précieux, au moment où étaient lancées un certain nombre de mesures du Programme national de réduction du tabagisme (2014-2019). Ce « temps zéro » permettra donc d’évaluer l’efficacité de ces mesures, qu’il s’agisse de l’instauration du paquet neutre, de l’augmentation du remboursement des substituts nicotiniques ou de la mise en place du « Moi(s) sans tabac ». Surtout, ces données confirment l’urgence d’améliorer et/ou d’amplifier l’action préventive auprès des personnes les plus défavorisées.


R. D.

Source : Pasquereau, A. et al ; TABAC ET E-CIGARETTE EN FRANCE : NIVEAUX D’USAGE D’APRÈS LES PREMIERS RÉSULTATS DU BAROMÈTRE SANTÉ 2016 ; BEH ; 30 mai 2017


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