Tout comprendre sur le cancer du poumon
Troisième cancer le plus fréquent en France, le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer pour les hommes. De plus en plus de femmes sont touchées par le cancer bronchique avec une hausse de 4,3 % par an du nombre de nouveaux cas estimés. Le tabac est responsable de plus de 8 cancers sur 10 diagnostiqués, d’où l’intérêt du développement du dépistage pour les personnes les plus à risque (fumeurs ou ex-fumeurs).
01 février 2018 Dernière mise à jour : 16-06-2026
Que sont les cancers du poumon ?
On distingue deux grands types de cancers du poumon (aussi appelés cancers bronchiques) :
- les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) qui représentent près de 85 % des cancers du poumon diagnostiqués ;
- les cancers bronchiques à petites cellules (CBPC) qui représentent environ 15 % des cancers diagnostiqués.
Les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC)
Les différents types de cancer du poumon non à petites cellules se divisent en plusieurs sous-catégories :
- Dans près de 40 % des CBNPC, il s’agit d’un adénocarcinome qui se développe dans les zones périphériques des poumons ;
- Dans près de 30 % des cas de CBNPC, le diagnostic s’oriente vers des carcinomes épidermoïdes, nés dans la partie centrale du poumon, au niveau des grosses bronches ;
- Près de 15 % des cas de cancer du poumon non à petites cellules sont des carcinomes à grandes cellules qui se logent dans n’importe quel endroit du lobe du poumon, droit ou gauche.
Les cancers bronchiques à petites cellules (CBPC)
Plus rare et plus agressif, le cancer bronchique « à petites cellules » se compose de cellules localisées en général au centre du poumon. Son développement, très rapide, atteint souvent les ganglions lymphatiques et les organes éloignés (sein, foie, pancréas).
Quelles sont les causes connues ?
De nombreux facteurs augmentent le risque de développer un cancer du poumon. Au premier rang, on retrouve le tabac responsable de près de 80 % (4) des cas liés à ce cancer en France. Les fumeurs sont directement concernés, sans compter les fumeurs passifs. Une exposition fréquente à la fumée augmente de 26 % (5) le risque de développer un cancer du poumon par rapport à un non-fumeur. Le tabac est également un facteur de risque reconnu pour d’autres cancers, notamment les cancers des voies aérodigestives supérieures (ORL).
D’autres facteurs augmentent le risque de développer un cancer du poumon :
- l’exposition à des produits et substances cancérigènes (amiante, goudrons, rayonnements ionisants, suies de combustion du charbon, silice) dans le cadre professionnel ;
- la pollution environnementale notamment liée au radon, un gaz radioactif qui représente la deuxième cause de cancer pulmonaire en France ;
- la pollution atmosphérique due à une exposition à des gaz (dioxyde de soufre, dioxyde d’azote et ozone) et aux particules fines en suspension ;
- les antécédents familiaux ou médicaux chez les personnes atteintes ou ayant été atteintes d’infection respiratoire.
Environ 10 à 15 % des cas concernent des personnes n’ayant jamais fumé, et touchent plus fréquemment les femmes.
Quels sont les symptômes d'un cancer du poumon ?
Le cancer du poumon est une maladie insidieuse, très souvent asymptomatique. Pour rappel, les poumons sont dépourvus de terminaisons nerveuses, une tumeur pulmonaire localisée n’est pas forcément douloureuse, retardant alors le diagnostic.
On distingue plusieurs symptômes qui peuvent paraître, au premier abord, rattachés à d’autres pathologies.
- une toux persistante ;
- un essoufflement fréquent, même en cas d’efforts faibles ;
- une douleur thoracique ;
- des expectorations sanglantes ;
- une modification de la voix ;
- des œdèmes autour du cou ;
- une perte de poids anormale et importante ;
- une fatigue récurrente ;
- des infections respiratoires à répétition.
De manière générale, des troubles généraux qui s’installent ou une maladie pulmonaire chronique qui s’aggrave, sont des signes qui doivent conduire à consulter un médecin. Pour mieux les identifier, consultez la liste complète des symptômes du cancer du poumon.
Comment diagnostique-t-on un cancer du poumon ?
La radiographie thoracique est l’examen prescrit en première intention, souvent complétée par une fibroscopie bronchique. Muni d’une caméra, un tube est introduit par le nez ou la bouche dans les poumons pour observer les voies aériennes. Des examens d’imagerie médicale (scanner ou tomodensitométrie, IRM) peuvent aussi être prescrits pour localiser une masse.
En cas de masse suspecte révélée par l’imagerie, une biopsie est ensuite réalisée par chirurgie ou endoscopie afin de déterminer la malignité des cellules et le type de cancer du poumon (à petites cellules ou non à petites cellules).
Afin d’avoir un diagnostic complet, plusieurs examens sont réalisés à travers un bilan d’extension. Il permet de déterminer le stade du cancer du poumon, les possibles métastases liées au cancer, et envisager le traitement adapté. Parmi les plus fréquents, on retrouve :
- une analyse moléculaire (EGFR, ALK, KRAS, PD-L1) portant sur les gènes de la tumeur ;
- une médiastinoscopie ;
- une tomographie à émission de positons (dite TEP ou « PET-Scan ») ;
- une scintigraphie osseuse.
Bon à savoir : Selon les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), un dépistage par scanner thoracique faible dose chez les fumeurs doit être entrepris à travers un programme pilote prenant en compte les facteurs de risque et les données de population cible (2). En réponse, l’Institut national du cancer (INCA) a lancé le programme pilote IMPULSION en 2025 et les premières inclusions ont débuté en mai 2026 (3). Ce programme inédit vise à détecter les cancers du poumon à un stade précoce et à promouvoir l’arrêt du tabac dans la population cible (personnes de 50 à 74 ans, fumeurs et ex-fumeurs (sevrés depuis moins de 15 ans)).
Quels sont les traitements du cancer du poumon ?
Pour choisir le traitement le plus adéquat, les médecins se réunissent en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Le traitement prescrit dépend du type de cancer broncho-pulmonaire diagnostiqué, de son stade d’avancement, ainsi que du profil du patient.
Il existe trois principaux types de traitement du cancer du poumon, administrés seuls ou combinés selon la prise en charge recommandée. On distingue ainsi :
- la chirurgie pour les tumeurs localisables et opérables, consiste en l’ablation d’un ou plusieurs lobes atteints (lobectomie, bilobectomie) ou de la totalité du poumon pneumonectomie). Un curage ganglionnaire vient systématiquement compléter la suppression de la tumeur afin de détecter la propagation éventuelle de la maladie ;
- la radiothérapie consiste en une irradiation loco-régionale des cellules cancéreuses, administrée de manière quotidienne pendant 2 à 8 semaines ;
- les traitements systémiques composés de la chimiothérapie consistant à la diffusion de médicaments cytotoxiques dans l’organisme, les thérapies ciblées (anti-EGFR, ALK, ROS1 et MET) ainsi que l’immunothérapie (anti-PD-1/PD-L1) utilisée sur les formes avancées de cancer bronchique.
Vivre avec et après un cancer du poumon
L’annonce d’un cancer constitue un traumatisme pour le patient et ses proches. La prise en charge pluridisciplinaire contribue à l’efficacité des traitements et facilite l’apprentissage des nouvelles habitudes qui leur sont consécutives.
Lorsque le cancer est détecté à un stade précoce, les traitements sont généralement mieux tolérés et la qualité de vie après la maladie s’en trouve améliorée. Les patients peuvent être accompagnés tout au long de leur parcours par des professionnels de santé spécialisés. Parmi les soins proposés, la kinésithérapie respiratoire aide à maintenir ou restaurer la capacité pulmonaire, tandis que l’oxygénothérapie peut être prescrite en cas d’essoufflement sévère. Un accompagnement au sevrage tabagique est également recommandé, y compris après le diagnostic, car l’arrêt du tabac est impératif et améliore l’efficacité des traitements et la récupération. Ces soins de support, complémentaires aux traitements, jouent un rôle essentiel dans le retour à une meilleure vie quotidienne.
Le point sur les avancées de la recherche sur les cancers du poumon
« Les espoirs de la recherche concernant les cancers du poumon se concentrent aujourd’hui sur un meilleur dépistage des personnes à risque, ainsi que sur la mise au point de nouveaux traitements. S’il n’est pas prévu de mettre en place de dépistage organisé du cancer du poumon, comme il en existe pour le cancer du sein ou colorectal, l’intérêt d’un dépistage systématique sur des populations ciblées (les “gros fumeurs”) a été étudié et ce type de dispositif est en passe d’être déployé. Pour ce qui est de l’élaboration de nouveaux traitements, les thérapies ciblées (notamment utilisées en combinaison) et les immunothérapies ont permis des améliorations significatives dans la prise en charge des patients, et continuent à faire l’objet de nombreuses recherches. Leur place est essentielle pour les maladies avancées, métastatiques, mais également pour les maladies localisées qui seront traitées par chirurgie ou radiothérapie. De nouvelles cibles, de nouvelles thérapies ciblées et de nouvelles immunothérapies sont activement étudiées ! »
Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer du poumon ?
La recherche en cancérologie pulmonaire est très active et a fait des progrès considérables ces dernières années. Elle se concentre essentiellement sur la recherche de nouvelles cibles et de combinaisons de traitements. L’essai KEYNOTE-024 a ainsi démontré la supériorité du pembrolizumab (immunothérapie) sur la chimiothérapie en première ligne chez les patients dont les tumeurs expriment fortement PD-L1.
Plus récemment, l’essai FLAURA2 a évalué l’intérêt de combiner l’osimertinib (thérapie ciblée) à une chimiothérapie chez les patients présentant une mutation EGFR, ouvrant la voie à des stratégies de traitement personnalisées.
Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer du poumon ?
Dans la lutte contre les cancers du poumon, la Fondation ARC finance des projets visant à mieux comprendre les mécanismes de développement de cette maladie, afin d’en améliorer aussi bien le diagnostic que le traitement.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Benjamin Besse, médecin oncologue responsable du comité de pathologie thoracique au centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy (Villejuif) et de l’Institut d’Oncologie Thoracique.
Sources :
(1) Institut national du cancer (INCa). « Cancer du poumon – Données épidémiologiques ». www.cancer.fr
(2) Haute Autorité de Santé. Communiqué de presse « Dépistage du cancer du poumon ». www.has-sante.fr.
(3) Intergroupe francophone de cancérologie thoracique (IFCT). Communiqué de presse « Programme IMPULSION » www.ifct.fr
(4) Santé Publique France. « Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine – Cancer du poumon ». www.santepubliquefrance.fr
(5) Société de pneumologie de langue française (SPLF). www.splf.fr
Questions fréquentes
Le cancer du poumon est-il toujours lié au tabagisme ?
Chez la femme comme chez l’homme, le tabagisme est le principal facteur de risque du cancer du poumon, impliqué dans environ 8 cas sur 10. L’exposition au tabagisme passif augmente également le risque de 26%. Arrêter de fumer le plus tôt possible permet de réduire progressivement ce risque. Cependant, les anciens fumeurs restent concernés pendant plusieurs années après l’arrêt, car le risque ne disparaît pas immédiatement.
Peut-on développer un cancer du poumon sans avoir jamais fumé ?
Oui. Environ 10 à 15 % des cas concernent des personnes n’ayant jamais fumé, hommes ou femmes. Dans ces situations, le cancer peut être lié à d’autres facteurs de risque comme l’exposition à l’amiante, à la pollution atmosphérique ou à d’autres substances dans le cadre professionnel. Ces expositions peuvent augmenter le risque même en l’absence de tabagisme. De même, l’exposition domestique au radon représente la deuxième cause de cancer bronchique en France.
Quels sont les différents stades du cancer du poumon ?
Le cancer du poumon est classé en plusieurs stades (de I à IV), selon son extension dans l’organisme. Aux stades précoces, la tumeur reste localisée dans une partie du poumon. Aux stades avancés, elle peut atteindre les ganglions lymphatiques puis d’autres organes (métastases). Le stade de la maladie influence directement le traitement, la prise en charge et le pronostic.
Existe-t-il un dépistage du cancer du poumon ?
Il n’existe pas encore de dépistage généralisé en population. Cependant, depuis mai 2026, le programme pilote IMPULSION, mis en place par l’INCa, a débuté. Il consiste en la réalisation d’un scanner thoracique à faible dose pour 20 000 participants volontaires, âgés de 50 à 74 ans, fumeurs et ex-fumeurs (sevrés depuis moins de 15 ans). Il vise à détecter les cancers du poumon à un stade précoce et à promouvoir l’arrêt du tabac dans la population cible.
Peut-on améliorer les chances de survie ?
Oui. Les chances de survie dépendent surtout du stade au moment du diagnostic. Lorsqu’il est détecté à un stade précoce, les traitements sont plus efficaces, d’où l’enjeu de la recherche sur le dépistage dans les populations à haut-risque. Les progrès des traitements, notamment en chirurgie, immunothérapie et thérapies ciblées, sont une autre voie d’amélioration de la prise en charge et du pronostic.