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09 juillet 2021

Immunothérapies, des nouveautés à surveiller

Le congrès de l’ASCO de juin dernier a été l’occasion de voir émerger de nouvelles options qui enrichissent encore la classe des immunothérapies. Autant d’espoirs de voir ces traitements fonctionner plus efficacement et auprès de plus de patients.

Le principe des immunothérapies est simple et les médecins s’y intéressent depuis très longtemps : il s’agit de mettre - ou remettre - en ordre de marche un système de défenses naturelles capable de reconnaitre et d’éliminer des cellules cancéreuses. Après plusieurs tentatives peu concluantes, les immunothérapies qui ont émergé ces dix dernières années et se basent sur le blocage de points de contrôle immunitaire ont enfin donné des résultats remarquables chez certains patients. Aujourd’hui, de nouveaux résultats viennent enrichir la caisse à outils dont disposent les médecins, comme en témoignent plusieurs essais cliniques dont les résultats ont été rapportés au dernier congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO).

Après avoir mis au point des anticorps bloquant les protéines PD-1, PD-L1 ou CTLA-4, des travaux de recherche ont permis d’identifier d’autres mécanismes de contrôle du système immunitaire et de désigner, en conséquence, de nouvelles cibles thérapeutiques. C’est le cas de la protéine LAG-3, dont le rôle biologique semble synergique avec celui de la protéine PD-1, notamment. Le relatimab a ainsi été mis au point et testé dans différents contextes cliniques. Rapporté à l’ASCO en juin dernier, un essai randomisé mené auprès de 714 patients atteints de mélanome avancé, non opérable et encore non traité, a montré que l’ajout de l’anti LAG-3 à un anti PD-1 permettait de doubler le temps de survie sans progression de la maladie.

Lors d’une autre présentation, des chercheurs français ont rapporté les résultats d’un essai bien plus précoce (phase IB), évaluant la tolérance et l’efficacité d’une combinaison entre un anti PD-L1 et une nouvelle molécule, le Simlukafusp Alfa (!). Celle-ci, dérivée de l’interleukine 2, une molécule bien connue des immunologistes depuis des décennies, a été façonnée pour se fixer efficacement sur certains récepteurs de l’IL-2, activateurs des cellules tueuses de tumeurs (Natural Killer, NK), mais beaucoup moins sur les récepteurs qui activent les lymphocytes T dits « régulateurs », dont le rôle est de pondérer l’agressivité du système immunitaire. L’essai a été mené auprès de femmes touchées par un cancer du col de l’utérus en rechute ou métastatique, des patientes chez qui les immunothérapies anti PD-1 ou PD-L1 sont encore en cours d’évaluation. Grâce à cette double approche, proposée aux 47 patientes de l’essai, plus d’un quart des patientes voyaient le volume de leur tumeur réduire de plus de 30 % et une réponse était observée chez trois patientes sur quatre lorsque que la seule stabilisation de la tumeur était prise en compte. La réponse était considérée comme durable (13,3 mois en médiane) et les effets secondaires parfaitement gérables. Avec ces résultats, les médecins montrent qu’une stratégie associant le rétablissement de la reconnaissance des cellules cancéreuses par les lymphocytes T (avec l’anti PD-L1) et la stimulation des cellules NK (avec le variant de l’interleukine 2) ouvre de nouvelles perspectives.


R.D.

Sources : résumés ASCO https://meetinglibrary.asco.org/record/201596/abstract
https://meetinglibrary.asco.org/record/195559/abstract

 


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