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29 mars 2022

Cancer de l’endomètre : enfin une nouvelle perspective contre les formes avancées.

Les résultats d’un grand essai clinique de phase 3 semblent être en mesure de faire évoluer la prise en charge des patientes atteintes d’un cancer avancé de l’endomètre grâce à l’association de deux thérapies.

Avec plus de 8 000 nouveaux cas chaque année, les cancers de l’endomètre sont les premiers cancers gynécologiques en France. Si leur pronostic est bon quand la maladie est localisée, la prise en charge des formes avancées ou métastatiques manque de solutions efficaces et souffre d’une innovation en berne depuis de nombreuses années. Une exception, cependant, avec l’émergence des immunothérapies, qui se sont avérées utiles chez les patientes dont la tumeur présente une certaine instabilité génétique (à cause de défauts dans les processus de réparation de l’ADN, notamment)*. Mais ces patientes ne représentent qu’une minorité. Que proposer à toutes les autres ? Un essai de phase 3, qui s’est tenu dans plus de 160 centres à travers le monde, a évalué l’efficacité d’une nouvelle stratégie pour répondre à cette question. 

Le protocole de l’essai dont les résultats ont été publiés en février 2022 dans le New England Journal of Medicine visait à comparer deux combinaisons de traitements proposées à des patientes touchées par un cancer de l’endomètre avancé ou métastatique et qui ont déjà reçu au moins une ligne de traitement par chimiothérapie à base de platine. Dans cet essai, qui a concerné 827 patientes, une moitié d’entre elles recevait une association entre une immunothérapie (le pembrolizumab, un anti-PD1) et une chimiothérapie (doxorubicine ou paclitaxel, selon l’avis de l’oncologue), l’autre moitié recevait l’immunothérapie, mais associée cette fois-ci à une thérapie ciblée – le lenvatinib – déjà utilisée dans d’autres contextes. 

Parmi les 827 patientes, 130 étaient porteuses d’une tumeur caractérisée par un défaut de réparation de l’ADN (et donc par une instabilité génétique), les 697 autres ne présentaient pas cette particularité. Les résultats obtenus chez ces dernières patientes étaient clairs : la survie globale moyenne passait de 12 mois (immunothérapie + chimiothérapie) à 17,4 mois lorsque la chimiothérapie était remplacée par la thérapie ciblée. Le temps moyen de survie sans progression de la maladie passait, quant à lui, de 3,8 à 6,6 mois. Même si ces progrès peuvent paraître encore bien insuffisants, ils traduisent le fait qu’une barrière est enfin tombée : une nouvelle stratégie permet de proposer une solution à des patientes dont la prise en charge repose encore sur des standards établis depuis des décennies et dont l’efficacité n’est que très limitée. Pour limiter la toxicité de ce double traitement – importante – les investigateurs suggèrent qu’une adaptation des doses soit envisagée au cas par cas. 


* Des résultats similaires ont déjà été observés dans différents cancers. Ils permettent même, aujourd’hui, de prescrire certaines thérapies anti-PD1 sur la seule base de cette instabilité génétique au sein de la tumeur, quelle que soit sa localisation. L’instabilité génétique serait à l’origine d’une meilleure visibilité de la tumeur par le système immunitaire et la stimulation de celui-ci par les anti-PD1 aurait alors un effet significatif. 

 


R.D. 

Source : Makker, V. et al ; Lenvatinib plus Pembrolizumab for Advanced Endometrial Cancer ; New England Journal of Medicine; 3 février 2022