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Neuroblastome : une piste solide pour les œstrogènes

L’action des œstrogènes sur la transformation neuronale pourrait être décisive chez certains patients atteins de neuroblastomes.

Alors que les œstrogènes ont un effet pro-cancéreux dans de multiples cas, des résultats récents montrent que ces hormones sexuelles pourraient constituer une piste intéressante pour limiter le développement des neuroblastomes, y compris celui des formes agressives.

Les neuroblastomes sont des tumeurs du système nerveux périphérique (hors cerveau et moelle épinière) et sont l’une des tumeurs solides les plus fréquentes chez les jeunes enfants. Si certaines formes évoluent favorablement de façon spontanée, la plupart des patients font face à une maladie qui progresse rapidement et dont la prise en charge reste un défi médical. Des données précédentes montrent que l’agressivité tumorale est liée à l’expression anormalement importante du gène MYCN, par ailleurs impliqué dans d’autres cancers, et qui fait donc l’objet de nombreuses études. En s’intéressant au rôle de ce gène, des chercheurs suédois ont compris comment les œstrogènes pourraient être utiles chez les patients.

Des travaux publiés en 2010 par le même laboratoire avaient pointé le fait que l’expression élevée de MYCN, dans les cellules cancéreuses de neuroblastome, interférait avec la production de protéines impliquées dans la transmission du signal hormonal. Le mécanisme était alors déjà décrypté : MYCN induisait la production de petits fragments d’ARN, des molécules qui ont la faculté d’empêcher la fabrication de protéines de façon très spécifique. En l’occurrence, ces « microARN » bloquaient la production d’un certain nombre de récepteur hormonaux, dont le récepteur aux œstrogènes (ERalpha). Dès lors, l’objectif des chercheurs était de savoir si le fait de restaurer une stimulation des cellules de neuroblastome par les œstrogènes permettait de renverser leur nature cancéreuse.

Pour le savoir, les chercheurs ont travaillé à la fois sur des cellules issues de patients et sur des modèles d’étude in vivo. La suppression des microARN responsables de l’absence du récepteur ERalpha, comme l'expression forcée de ce récepteur dans les cellules cancéreuses, a bien permis de retrouver la sensibilité de ces cellules à l’action des œstrogènes. En conséquence, les cellules retrouvaient leurs caractéristiques fonctionnelles de cellules nerveuses, perdues lors de leur transformation en cellules cancéreuses.

Des analyses réalisées sur des échantillons tumoraux provenant de patients ont confirmé aux chercheurs l’importance de ce signal œstrogénique : ceux qui avaient une quantité plus importante de récepteurs ERalpha avaient, en moyenne, un meilleur pronostic. Pour les chercheurs, un traitement aux œstrogènes semble donc pertinent chez les patients exprimant suffisamment le récepteur ERalpha, des moyens permettant de restaurer cette expression en clinique étant un prérequis pour traiter les autres patients. Les mécanismes, liés à l’action des microARN, décryptés par les chercheurs suédois, constituent une base précieuse pour aller dans cette voie.


R.D.


Source : Dzieran, J. et al ; MYCN-amplified neuroblastoma maintains an aggressive and undifferentiated phenotype by deregulation of estrogen and NGF signaling; PNAS 26 janvier 2018
 


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