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Cancer du côlon : l’environnement immunitaire comme premier facteur pronostic

Selon un consensus international, l’environnement immunitaire tumoral, décrit à l’aide d’un calcul de score standardisé, devrait être un élément incontournable de la classification et de l’évaluation pronostique des cancers du côlon.

C’est une chose de montrer qu’une technique permet d’obtenir des informations pertinentes sur le devenir d’une tumeur, c’en est une autre d’apporter les garanties que la technique en question est reproductible dans tous les centres de prise en charge et que les résultats qu’elle fournit sont toujours cohérents. En l’occurrence, un consortium international, constitué de 14 centres basés dans 13 pays, s’est penché sur le rôle pronostique de l’ « Immunoscore » dans les cancers du côlon.

La prise en compte de l’environnement immunitaire de la tumeur pour comprendre, voire prédire, son évolution, est une idée qui prend forme depuis le début des années 2010. Les équipes de Jérôme Galon (INSERM) et de Fanck Pagès (AP-HP), à l’origine des premiers travaux fondateurs et soutenus par la Fondation ARC depuis 2014*, ont en effet progressivement précisé les relations entre le pronostic de la maladie et la nature des cellules immunitaires infiltrées dans la zone tumorale ou leur position centrale ou périphérique par rapport à la tumeur. Parallèlement, est aussi apparue l’ambition de développer un outil qui corrèlerait ces données avec le le pronostic de cancers colorectaux. Pour cela, les chercheurs ont mis au point une méthode de calcul d’un score capable de refléter le « contexte immunitaire » de la tumeur. Un large consortium international a alors été constitué pour tester et, le cas échéant, valider l’utilisation de ce score dans la pratique clinique : est-il faisable de le calculer pour chaque patient touché par un cancer colorectal et surtout, est-ce utile pour adapter sa prise en charge ?

La dernière étude, publiée par une centaine de chercheurs dans la revue The Lancet, fonde ses résultats sur l’analyse des échantillons provenant de plus de 2 600 patients, qui ont été suivis pendant plusieurs années dans 14 centres de 13 pays. Pour chacun, la densité de deux types de cellules immunitaires a été mesurée, au cœur de la tumeur et au niveau de son front d’invasion, permettant ainsi de calculer ce que les chercheurs appellent l’Immunoscore. Sur la base de ce score, les patients ont pu être répartis en trois groupes, de score bas, moyen ou élevé. De façon remarquable, le risque de récidive à cinq ans observé était clairement associé au niveau de ce score : pour les patients du groupe à l’Immunoscore élevé, le risque était de 8 % seulement. Il s’élevait à 19 % pour les niveaux intermédiaires et atteignait 32 % lorsque l’Immunoscore était faible.

En termes de survie, la même observation a pu être réalisée et semblait totalement indépendante d’autres éléments - pourtant fondateurs de l’évaluation pronostique – tels que le stade, 1, 2 ou 3 de développement de la tumeur. Mieux, l’influence de l’Immunoscore sur le risque de récidive et la survie semblait plus importante que ces autres facteurs. Forts de ces données, produites par l’ensemble des centres du consortium et dont le traitement statistique a été assuré par des spécialistes de la Mayo clinic aux USA, indépendants de ce consortium, les auteurs suggèrent que le test Immunoscore soit une nouvelle composante systématique de la classification des cancers du côlon, afin d’améliorer la modulation des traitements, notamment de chimiothérapie. Les perspectives sont par ailleurs susceptibles de s’ouvrir pour d’autres localisations cancéreuses. L’équipe de Franck Pagès a, par exemple, initié une étude portant sur les cancers du rectum, avec le soutien de la Fondation ARC. Enfin, d’autres travaux visent à évaluer la capacité du test Immunoscore à prédire l’efficacité des nouvelles immunothérapies chez les patients.


R. D.

* Le projet international Immunoscore a été soutenu dans le cadre de l’appel à projet ERA-NET-TRANSCAN. Il est coordonné par Jérôme Galon (INSERM UMRS1138 – Centre de recherche des cordeliers, Paris) et inclut quatre autres équipes européennes dont celle du Professeur Franck Pagès (Service d’Immunologie biologique, Hôpital européen Georges Pompidou, Paris). La Fondation ARC a financé ces deux équipes françaises participant au projet par un montant total de 568 000 euros sur 3 ans (2014-2017)

Source : Pagès, F. et al; International consensus Immunoscore for the classification of colon cancer: a prognostic and accuracy validation study; The Lancet; juin 2018


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